Le pâturage avance dans le Pilat !

Le pastoralisme a une véritable histoire sur le Pilat et s’adapte aux enjeux d’aujourd’hui (évolution des fermes, changement climatique, érosion de la biodiversité…). Les démarches collectives engagées depuis plusieurs années entre le Parc du Pilat et les éleveurs tendent à améliorer la compétitivité de ces fermes. Cette activité pastorale est importante pour notre terroir, la préservation des paysages du Pilat et pour ses produits remarquables.

Une ressource importante pour les éleveurs

L’élevage est une des activités agricoles prédominantes sur le massif du Pilat et l’alimentation des troupeaux repose en grande partie sur l’herbe. Représentant 60 % de la surface agricole utile, les prairies permanentes et surfaces de parcours (pelouses, landes, forêts pâturées) du territoire sont une ressource essentielle. Certaines d’entre elles servent à constituer du fourrage distribué plus tard ; d’autres sont plutôt pâturées.
Dans le massif du Pilat, le pastoralisme est discret mais bien présent puisqu’il concerne 6 500 ha de surfaces réparties sur 39 communes et plus de 300 fermes (bovins, ovins, caprins, équins). On entend par pastoralisme, les pratiques de pâturage sur des milieux composés de végétations naturelles.
Les surfaces pastorales sont gérées individuellement une grande partie de l’année ; y compris l’hiver avec les changements climatiques ces dernières années. Elles peuvent aussi avoir une fonction d’estive (pâture pour l’été) avec des formes de gestion collective. Sur le Pilat cinq sites accueillent des troupeaux en transhumance pour l’été : Chaussitre, Panère, Salvaris, Les Crêts du Pilat et La Jasserie

Des savoir-faire des éleveurs qui se discutent
et évoluent en collectif

L’importance de cette ressource alimentaire est bien perçue par les éleveurs. Afin de la préserver, ils travaillent à l’amélioration des pratiques d’alimentation de leurs troupeaux pour augmenter leur autonomie fourragère et s’adapter à la fois au changement climatique et au contexte économique.
Pour cela, l’association Pâtur’en Pilat a été créée, en 2019, par un collectif regroupant une trentaine d’éleveurs installés aux quatre coins du territoire. Accompagnés par des techniciens agronomes et des chargés de mission du Parc, les membres de Pâtur’en Pilat expérimentent, testent et se réapproprient des savoirs-faire autour du pâturage et des ressources fourragères. Leurs objectifs sont clairs : augmenter leur autonomie fourragère et limiter le recours aux intrants, maintenir l’ouverture des milieux, la diversité et la productivité des prairies. Pour cela, les éleveurs progressent dans la compréhension et l’utilisation des végétations. Ils adaptent leur calendrier de pâturage et de fauche en fonction de la diversité des parcelles de leurs exploitations, ainsi que de leurs objectifs de production.

Les éleveurs de Pâtur’en Pilat réfléchissent ensemble à l’évolution de leurs pratiques. Ainsi, chaque année différents échanges sont organisés, comme des journées de formations sur divers sujets (connaissance des végétations, pâturage hivernal, parasitisme…). Les éleveurs peuvent ensuite s’approprier les connaissances acquises lors de ces formations et tester de nouvelles choses sur leurs propres fermes. Des visites d’essais sont aussi organisées sur le terrain pour voir concrètement ce que chacun a pu mettre en œuvre pour répondre à ses objectifs.
Les expériences des fermes sont capitalisées dans différentes ressources partagées. Il est notamment possible de les retrouver sur des fiches thématiques. Elles sont mutualisées au sein du réseau national d’éleveurs Patur’ajuste : https://www.paturajuste.fr/

Fiche Pâturage été

Fiche Embroussaillement

Fiche Apprendre aux troupeaux à valoriser les végétations naturelles

Fiche Stocker l’herbe sur pied pour la pâturer en été ou en hiver

Sommaire des fiches pratiques « Les éleveurs du Pilat ont testé »

S’adapter aux étés plus chauds et plus longs dans le Pilat

Adapter son pâturage au cycle des végétations

Les fiches de retours d’expérience des éleveurs sont disponibles sur demande

Des milieux naturels remarquables préservés
par le pâturage

Les surfaces pastorales sont composées de milieux naturels et semi-naturels riches en biodiversité. On peut citer par exemple, la Pulsatille rouge, l’Achillée tomenteuse ou l’orchis de Provence, des plantes protégées que l’on trouve sur le territoire,  favorisées par les pratiques pastorales. Divers animaux profitent également de ces espaces diversifiés : c’est le cas par exemple de l’Azuré du serpolet qui trouve sa plante hôte dans les pelouses rases, ou la Pie-grièche écorcheur qui trouve dans les landes des perchoirs particulièrement utiles à la chasse.
Le pâturage contribue au maintien des paysages que nous connaissons aujourd’hui. Il permet de garder une alternance entre des milieux plus boisés et des milieux ouverts, qui, sans élevage, évolueraient naturellement vers la forêt.

Un dispositif mis en place pour préserver l’activité
et les espaces pastoraux

Pour permettre une utilisation plus durable des surfaces pastorales, le Parc du Pilat en partenariat avec l’association Pâtur’en Pilat se sont engagés dans un dispositif proposé par la Région Auvergne Rhône-Alpes. Le plan pastoral territorial dure 5 ans et permet de mettre en place des actions répondant à plusieurs objectifs :

• Conforter l’autonomie fourragère et les conditions d’exploitation des espaces pastoraux
Pour cela des aménagements sur les parcelles sont aidés : installation de points d’eaux et de clôtures, contention, accès aux parcelles. Ils permettent à la fois de faciliter le travail quotidien des éleveurs et d’organiser les pâtures pour que la ressource fourragère soit mieux consommée par les animaux. Cet axe a aussi pour but de permettre aux éleveurs d’avoir accès à des surfaces aujourd’hui non valorisées en rouvrant les milieux plus embroussaillés ou boisés.

• Accompagner une gestion pérenne des espaces pastoraux et les expérimentations
Ce volet comprend l’acquisition de nouvelles connaissances pour les éleveurs par l’organisation de journées de formations et d’échanges de pratiques. Il prévoit aussi un suivi des pratiques individuelles et une étape de diffusion des résultats pour en faire bénéficier les éleveurs locaux.

• Promouvoir et valoriser les espaces pastoraux
Les espaces pastoraux sont importants dans le Pilat, mais leur existence et leur intérêt est souvent méconnu du grand public. Le PPT comprend donc aussi une phase de communication et d’organisation d’évènements en lien avec les éleveurs.

Pourquoi un Plan Pastoral Territorial ?

Comment bénéficier d’un Plan Pastoral Territorial ?

Contact : Caroline Champailler, chargée de mission agro-écologie  au Parc du Pilat

Agriculture

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